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Nacarat

BD avec touches de couleur

Par Alix, fanzine Scythe, avec la collaboration d’Eldarianne et de Sen

[Urban Fantasy, F/F] Nacarat ayant réuni les participations de Sen et d’Eldarianne, cet avis peut moins être appelé recommandation que potentielle collusion. Tant pis ! Nacarat est joli, frais et amusant, et nous avons envie d’en parler ici.

Si Sen et Eldarianne ont aidé au scénario, c’est Alix qui s’est chargée de le mettre en forme… et en pages. Majoritairement en noir et blanc, Nacarat utilise la couleur à bon escient : le rose emblématique de Rubyrosa, fée fragile — pas toujours — et gloussante, le brun et le noir d’Asha, démone professionnelle et pragmatique.

Jadis bannie de Faerie, Rubyrosa trouve une occasion unique d’y regagner accès lorsque l’héritier de sa famille passe parmi les humains. Pour ce cambriolage surnaturel, elle embauche Asha, démone pince-sans-rire dont le calme professionnel contraste en permanence avec l’impulsivité frivole de la fée…

Alix a assimilé ses influences mangas sans s’y perdre : son style est fluide, clair, agréable à lire. Les dialogues, sont spontanés, amusants, et illustrent bien la relation des deux héroïnes — amitié, chamailleries et affection.

En bref : Si vous aimez le yuri, les tempéraments opposés mais tendres l’un envers l’autre et les BDs où l’action a autant de place que la romance, vous aimerez Nacarat ! C’est court, mais plein de rebondissements et, par-dessus tout, frais et amusant.

Errabundus

[Onirique/M/M très secondaire] Errabundus, « Errant » : un titre aura rarement autant correspondu à son objet. Errabundus raconte une histoire, oui, mais également l’histoire de cette histoire sur quatre ans et quatre versions.
Les amateurs de croquis et de recherches graphiques, de même que ceux qui aiment voir les coulisses d’une création, seront ravis par la clarté, le détail et même la poésie avec lequel l’auteur expose l’évolution du projet, ses errances, ses recherches…
C’est l’histoire d’un rêve-coma où la foudre maudit et où les dragons engendrent les poissons. C’est un récit d’adolescence, aussi ; d’erreurs, d’homosexualité à peine appréhendée… D’amis vu avec l’œil critique, parfois cruel, d’enfants qui découvrent le recul des adultes sans leur indulgence.
Le roman qui achève le volume est un dernier jet autant qu’une conclusion aux ébauches précédentes, et se savoure bien mieux en les ayant lues avant. Le style en est plaisant – une esquisse d’une sensibilité à fleur de peau, particulièrement frappante dans les conflits, et qui s’accorde parfaitement au baroque stylisé des dessins, au demeurant superbement maîtrisés dans leur flou même.

En bref : Amis des styles rêveurs, des adolescents bien écrits, des croquis de recherche et des beaux dessins, ce recueil est pour vous. Actuellement épuisé, le site mentionne quand même une « nouvelle édition au printemps 2018. ».