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Yokai Day

[M/M/humour & fantasy asiatique] A la base, Yokai Day est une série de strips autour de la vie de Shou et Dai, le couple adorable d’un oni et d’un demi-dragon – dont l’un est accessoirement mangeur d’homme, et l’autre accessoirement un tueur.

Yokai Day, cependant, n’est ni noir ni morbide : réalisé dans un style chibi qui permet de superbes expressions faciales, la BD se concentre plutôt sur le quotidien de nos deux héros – qu’ils trouvent un bébé, rencontrent une kami yaoiste ou aident accidentellement à la fuite de deux amoureux. Parallèlement, on suit les mésaventures du vilain frère de Shou et de l’oni qui aurait dû l’épouser, la confrontation hilarante d’un prince et d’un poulpe, bref : l’univers de Yokai Day est gentiment délirant et ses personnes hauts en couleur.

Si vous voulez un aperçu de ce qui vous attend, je vous invite à jeter un œil sur la page de Yokai Day pour être conquis.es à votre tour ! Le volume s’accompagne de dessins bonus, dont des recherches, des aperçus de personnages qui n’apparaissent pas dans l’histoire ou des projets de l’autrice pour sa BD…

En bref : L’autrice de Yokai Day s’amuse et c’est contagieux. Si vous voulez lire quelque chose de drôle et de parfois très chou avec de très jolis dessins, lisez-le et remerciez-moi (et Hell&Bore) ensuite !

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La reproduction des mouettes – Collision –

[M/M, urban fantasy/SF ?] Qu’on me permette un léger reproche à Collision : la couverture et le titre peuvent égarer – heureux égarement pour moi, qui l’avait acheté pour la raison spécieuse que je ne pouvais qu’aimer une BD de Nephyla, fût-ce la tranche de vie peinarde et rigolote qu’annonçait la présentation, et qui me suis retrouvée en réalité avec du vaudou, de la vengeance et des relations imparfaites.

Collision commence très littéralement par une collision – celle qui coûte une jambe à Stéa, jeune danseur plein de promesses qui s’est sacrifié pour sauver un passant. Torturé par la culpabilité, Koffee, l’homme qu’il a sauvé, va tout faire pour lui rendre une vie et un semblant de bonheur…

Si, derrière son côté one-shot, le récit soulève quelques questions qui auront sans doute leur réponse dans un tome ultérieur, Nephyla est une narratrice expérimentée : son trait, extrêmement maîtrisé, nous guide tout naturellement dans l’ambiguïté et l’intimité qui s’installe entre les deux hommes, suggère expertement les sentiments… et, il faut le dire, façonne de jolies scènes de sexe très sensuelles. Les personnages secondaires sont attachants chacun à leur façon (dédicace à l’autrice de romance qui parle aux plantes – et qui obtient des réponses !), et l’univers esquissé est profondément intéressant.

En bref : La reproduction des mouettes – Collision vous propose un excellent moment de lecture. C’est pro, c’est maîtrisé, c’est expressif, c’est un style très personnel et agréable, et les quelques rapidités de narration sont totalement oubliées sous le talent général qui exsude de l’ensemble.

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Wyvern

[Conte de fée sombre/M/M explicite/présence de gore] Les personnages de Wyvern évoluent dans un univers vague et coloré comme un rêve – vouivres à la beauté trop précieuse, marins insouciants qui évoluent dans des bas-fonds à la beauté d’aquarelle. Même l’intrigue a la simplicité et la rapidité des songes : Wagner, un marin simplet, retrouve Hansel, un ami d’enfance, et se laisse entraîner lorsque celui-ci lui demande de sauver sa sœur… Mais ces rêveries-là ont aussi des accents de cauchemar.

Le trait de Yasmine sert impeccablement le récit, élégant, stylisé, avec quelque chose d’aquatique et flottant comme les vouivres qui règnent au cœur de l’histoire. Le bonus : les femmes aussi sont très jolies ♥ Quant à l’histoire, elle est joliment construite, chaque rebondissement annoncé avec juste assez de subtilité pour être surprenant et juste assez d’évidence pour ne pas sembler tomber de nulle part.

En bref : Si vous aimez les contes de fée sombre, les beaux graphismes et les M/M où le scénario prend le pas sur la romance, vous aimerez Wyvern – à condition néanmoins d’avoir le cœur bien accroché : le récit contient des éléments très sombres, détaillés ci-dessous pour ceux qui, comme Sen, ne sont pas sûrs d’encaisser du gore :p

**SPOILERS – SURLIGNER LE TEXTE CI-DESSOUS POUR LIRE**

Scène de torture. Cannibalisme.

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Sugar Lust

[Humour/M/M explicite] Sugar Lust est une série de bandes dessinées en couleur (trois volumes pour le moment) racontant la vie de trois « hôtes de charme », ou surtout les détails de leur improbable collocation. Il existe peu d’exercices plus pénibles que chercher à exprimer tout l’humour d’une série sans
a) Trop en raconter ou
b) Sembler extrêmement sinistre, donc cette recommandation ne sera pas longue, mais le fait est là : c’est drôle. C’est très drôle. Sugar Lust est le genre de BD pour laquelle le mot « barré » a été inventé : entre Nikolai, adorable et androgyne maître du mal, Crème, faux respectable qui joue les figures paternelles pour sa petite maisonnée, Cecil, petit rebelle qui échoue régulièrement à jouer l’homme de bon sens, et toute une galerie de seconds couteaux aussi perchés qu’attachants.
Les personnages sont hauts en couleur, les péripéties gaiement improbables et les graphismes sont à l’image de l’ambiance : colorés, bondissants, reconnaissables à cent mètres. Si vous aimez les couvertures, vous aimerez le contenu !

En bref : Si vous aimez l’humour un peu délirant, les ambiances légères, les lectures feel good et les répliques improbables et percutantes, vous aimerez Sugar Lust. Les tomes peuvent être achetés en convention à la Japan Expo !

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Djinn

[Conte/M/M] Djinn compte (haha) parmi ces récits qui gèrent parfaitement leur rythme : le format du conte est respecté sans pour autant laisser les personnages à l’état d’esquisse, la relation est développée sans briser le style simple et onirique du récit.
Pour sauver sa mère mourante, Husni décide de s’introduire parmi les vierges envoyées en offrande au terrible djinn Rashn pour voler l’un des trésors de celui-ci. La tâche, cependant, est loin d’être simple une fois sur place – d’autant que le seigneur des lieu s’avère bien plus humain et attachant que prévu…
Djinn est une lecture très agréable pour les yeux – les dessins sont superbes et le travail de coloration donne une teinte onirique à l’ensemble, servant parfaitement l’ambiance du récit – et pour l’esprit – c’est simple et sans prise de tête, une lecture détente avec une pointe d’humour et de mignon.

En bref : Si vous appréciez l’ambiance conte de fée, les beaux dessins et les couples honnêtement chous, sautez sur Djinn ! L’édition numérique française est disponible pour 4 euros ici et l’édition physique, en anglais, est disponible pour 10 euros.

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Nacarat

BD avec touches de couleur

Par Alix, fanzine Scythe, avec la collaboration d’Eldarianne et de Sen

[Urban Fantasy, F/F] Nacarat ayant réuni les participations de Sen et d’Eldarianne, cet avis peut moins être appelé recommandation que potentielle collusion. Tant pis ! Nacarat est joli, frais et amusant, et nous avons envie d’en parler ici.

Si Sen et Eldarianne ont aidé au scénario, c’est Alix qui s’est chargée de le mettre en forme… et en pages. Majoritairement en noir et blanc, Nacarat utilise la couleur à bon escient : le rose emblématique de Rubyrosa, fée fragile — pas toujours — et gloussante, le brun et le noir d’Asha, démone professionnelle et pragmatique.

Jadis bannie de Faerie, Rubyrosa trouve une occasion unique d’y regagner accès lorsque l’héritier de sa famille passe parmi les humains. Pour ce cambriolage surnaturel, elle embauche Asha, démone pince-sans-rire dont le calme professionnel contraste en permanence avec l’impulsivité frivole de la fée…

Alix a assimilé ses influences mangas sans s’y perdre : son style est fluide, clair, agréable à lire. Les dialogues, sont spontanés, amusants, et illustrent bien la relation des deux héroïnes — amitié, chamailleries et affection.

En bref : Si vous aimez le yuri, les tempéraments opposés mais tendres l’un envers l’autre et les BDs où l’action a autant de place que la romance, vous aimerez Nacarat ! C’est court, mais plein de rebondissements et, par-dessus tout, frais et amusant.

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Errabundus

[Onirique/M/M très secondaire] Errabundus, « Errant » : un titre aura rarement autant correspondu à son objet. Errabundus raconte une histoire, oui, mais également l’histoire de cette histoire sur quatre ans et quatre versions.
Les amateurs de croquis et de recherches graphiques, de même que ceux qui aiment voir les coulisses d’une création, seront ravis par la clarté, le détail et même la poésie avec lequel l’auteur expose l’évolution du projet, ses errances, ses recherches…
C’est l’histoire d’un rêve-coma où la foudre maudit et où les dragons engendrent les poissons. C’est un récit d’adolescence, aussi ; d’erreurs, d’homosexualité à peine appréhendée… D’amis vu avec l’œil critique, parfois cruel, d’enfants qui découvrent le recul des adultes sans leur indulgence.
Le roman qui achève le volume est un dernier jet autant qu’une conclusion aux ébauches précédentes, et se savoure bien mieux en les ayant lues avant. Le style en est plaisant – une esquisse d’une sensibilité à fleur de peau, particulièrement frappante dans les conflits, et qui s’accorde parfaitement au baroque stylisé des dessins, au demeurant superbement maîtrisés dans leur flou même.

En bref : Amis des styles rêveurs, des adolescents bien écrits, des croquis de recherche et des beaux dessins, ce recueil est pour vous. Le livre a été réédité en format roman graphique et se trouve pour 12 euros dans une très belle édition entièrement pensée pour servir le récit.

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